La maternité Markarian, premier centre de PMA d’Arménie

La procréation médicalement assistée (PMA) a fait ses grands débuts en Arménie en 2003. Grâce à la coopération de médecins locaux et français. Aujourd’hui, la maternité Markarian, sise à Erevan, aide 215 femmes chaque année.

« J’essaie d’avoir des enfants depuis huit ans« . Ilona, une jeune Arménienne, est assise sur un lit d’hôpital, entourée de deux infirmières. Autour d’elle, cinq lits vides. La jeune femme effectue les premiers examens nécessaires à la mise en place d’un protocole de procréation médicalement assistée (PMA). Elle a choisi le centre de protection maternelle et infantile de la maternité Markarian, à Erevan. Un bâtiment immense à l’architecture soviétique mais aux équipements modernes. « Ça a marché pour des amis qui sont venus ici. On dit que leurs résultats sont bons« , témoigne-t-elle.

Ce premier centre de PMA, fruit d’une coopération franco-arménienne, a ouvert dans le pays en 2003. Des médecins marseillais ont participé à son installation, en lien avec l’équipe du professeur Georgy Okoev. « Je voulais réaliser quelque chose que je n’avais jamais fait« , se rappelle-t-il fièrement. Médecin depuis 40 ans, il est venu se former à Marseille au début du projet, en 1994, pour apprendre de nouvelles techniques.

Une PMA bon marché pour les étrangers

Quelque 215 femmes demandent de l’aide chaque année dans la maternité Markarian pour avoir des enfants. Aux dires du professeur, les demandes augmentent. Trois autres centres ont ouvert à Erevan mais « 70% des PMA se font dans celui-ci« , affirme Antoine Agopian, docteur en chirurgie dentaire à Marseille, qui a participé activement à l’ouverture du service. « Le fait que ce centre ait été pionnier en Arménie a boosté les aides de l’État », ajoute-t-il. Il y a dix ans, le centre a obtenu un prix du président de la République arménien pour avoir introduit une nouvelle technique médicale dans le pays.`

Pour tenter d’avoir un enfant, Ilona va débourser 1,6 million de drams, soit un peu plus de 2.660 euros. Un prix très élevé dans un pays où le salaire moyen avoisine les 180.000 drams (300 euros). Mais relativement bon marché pour les étrangers. « Des couples de dizaines de pays viennent faire de la PMA en Arménie car les coûts y sont moindre. C’est le seul pays du Caucase à avoir ce niveau« , estime Antoine Agopian. Pour aider les femmes les plus pauvres, une fondation a vu le jour. Baptisée Aragil, elle finance chaque année une cinquantaine d’inséminations.

La gestation pour autrui autorisée en Arménie

L’hôpital a commencé par les techniques de fécondations in vitro les plus simples. « Aujourd’hui, notre équipe utilise toutes les techniques, dont la fécondation d’une ovule par un seul spermatozoïde ou l’utilisation des embryons congelés, détaille le docteur Okoev. La première fois qu’on a aidé une femme à avoir un enfant, en 2003, elle a eu des triplés ! » Il montre alors une photo des trois enfants, affichée tel un trophée dans le couloir de l’hôpital.

Quinze ans après les premiers bébés éprouvettes, les équipes marseillaise et arménienne souhaitent continuer leur collaboration. Les médecins français aimeraient bien dissuader leurs confrères de pratiquer la gestation pour autrui (GPA). Mais peine perdue dans un pays qui l’autorise. « Malgré nos mises en garde, l’Arménie autorise la GPA. Nous ne faisons pas la loi en Arménie« , regrette le dentiste.