L’Arménie mise sur le tourisme pour se développer

Pays peu industrialisé, l’Arménie compte sur son patrimoine naturel et architectural pour attirer des touristes. Mais le pays manque encore d’infrastructures, de guides, et de moyens pour faire sa promotion. L’an dernier, il a accueilli 1,5 million de touristes et espère doubler ce chiffre d’ici 2020.

« Il faudrait faire un effort de publicité pour faire connaître le pays », regrette Varsenik Poghosyan, employée à l’agence de voyage Aragas Travels, située à Erevan. Pourtant, le nombre de touristes étrangers ne cesse d’augmenter chaque année : + 18,7%  en 2017 par rapport à l’année précédente, selon les chiffres du gouvernement.

L’Arménie a l’ambition de devenir une grande destination touristique. Elle a accueilli 1,5 millions de visiteurs l’an dernier et espère atteindre les 3 millions d’ici 2 ans. Avec ses paysages de montagnes, ses eglises anciennes, elle possède quelques atouts.

Le pays s’ouvre à d’autres visiteurs que les touristes russes, iraniens ou européens, traditionnellement les plus nombreux. Louciné Saghatelian, directrice d’une formation pour guides touristiques, explique que l’arrivée de réfugiés syriens, arabophones, « permet aux tours opérateurs d’ouvrir un nouveau marché, notamment à destination des Emirats Arabes ». C’est pour cette raison que le gouvernement envisage de supprimer les visas pour les ressortissants du Koweït, d’Oman, ou encore de Bahrain afin de les encourager à venir.

Des difficultés de voyage

Toutefois, cet essor reste trop timide pour Varsenik Poghosyan. Premier problème: « Les billets d’avions vers l’Arménie sont vendus à des prix très élevés ». Conscient du problème, le gouvernement est en train de mener des négociations avec des compagnies low-cost russes et européennes.

Le monastère de Noravank, un des hauts lieux touristiques en Arménie (Crédit : Antoine Colombani)

De plus, il reste difficile de voyager en dehors d’Erevan, malgré la forte demande. L’état des routes, est un frein, ainsi que le manque d’hébergement : « à partir de quatorze personnes, il devient très difficile de loger des groupes », explique-t-elle. Pour les touristes étrangers, l’absence de lieu où se renseigner, ou bien le fait que les habitants ne parlent qu’arménien ou russe est un nouvel obstacle.

Varsenik Poghosyan, la responsable d’agence, se plaint aussi amèrement du manque de personnel, particulièrement dans les zones montagneuses, qui limite le tourisme de plein air. Il est essentiel à ses yeux d’avoir des guides pour les randonnées qui parlent des langues étrangères ou peuvent assurer les premiers secours. « Je suis pour l’ouverture d’écoles professionnelles qui forment des guides culturels et des accompagnateurs de montagne lors d’un cursus de deux à trois ans », affirme-t-elle.

De la nécessité du patriotisme

Toutefois, ces difficultés ne doivent pas noircir l’image de l’Arménie, argumente Louciné Saghatelian. En effet, les métiers du tourisme requièrent avant tout d’ « aimer son pays et sa patrie ». « Si le patrimoine est un mot démodé pour vous, vous allez avoir des problèmes », affirme-elle d’un ton presque menaçant.

L’enjeu à ses yeux est de « présenter l’Arménie comme un pays vivant, avec ses joies et ses peines ; je ne cache pas les aspects négatifs du pays. Mais les touristes que j’accompagne rentrent heureux d’Arménie ».

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Alternante en journalisme au CELSA, j’écris sur la fonction publique à l’AEF de jour. A mes heures perdues, je cultive une passion pour la Chine ou bien pour le féminisme.

Alternante en journalisme au CELSA, j'écris sur la fonction publique à l'AEF de jour. A mes heures perdues, je cultive une passion pour la Chine ou bien pour le féminisme.