Le Victory Park, un parc d’attraction qui renvoie à l’époque soviétique

Surplombant la ville d’Erevan, le parc de la Victoire (Victory Park) est l’un des parcs d’attraction de la capitale. Inauguré en 1950 après la fin de la seconde guerre mondiale, c’est autant un lieu de divertissement qu’un musée. Ambiance soviétique garantie. 

Le parc d’attraction se vide en hiver. (Crédit : Julien Percheron)

Le style soviétique se ressent dès l’arrivée dans ce qui pourrait être une fête foraine. La construction du parc d’attraction de la Victoire a débuté dans les années 1930, mais le parc fut inauguré seulement en 1950. L’entrée est gratuite, mais il n’y a de toute façon personne dans la cabine qui servait auparavant de caisse. 

Dans les allées, seules quelques poussières et feuilles sont de la partie. Un peu plus loin, on entend des crissements qui s’apparentent au fonctionnement d’un manège. Pour arriver jusqu’à cette unique source de bruit, on laisse passer sur la droite des animaux en plastique effrayants, sur la droite une piscine vide et plusieurs manèges qui ne garantissent aucune sécurité. Ici, tout est dans son jus. Une promenade des années en arrière, au milieu des structures métalliques rouillées et des enseignes défraichies

La caisse située à l'entrée est fermée. Crédit : Julien Percheron

Un couple de jeunes Arméniens se lance dans l’aventure et monte dans ce manège tournant comme une grande roue. Courageux, puisque les armatures semblent souffrir du poids des années. Le premier manège, un bateau pirate, a été installé en 1955. Si le parc a été fermé pendant deux ans dans les années 80 pour sa reconstruction, les attractions sont loin d’être aux normes occidentales. En 2011, l’oligarque russe Ruben Vardanyan a renouvelé la reconstruction du parc. Sans grands résultats. 

Un couple se risque à faire un tour de manège. Crédit : Julien Percheron

Il faut payer entre 300 et 500 dram (entre 50 et 80 centimes d’euro) pour un tour de manège. Après, Arek actionne son énorme appareil à l’aide d’une télécommande rafistolée avec du scotch, et c’est parti pour un moment d’amusement peu rassurant. Le parc d’attraction est ouvert entièrement seulement entre mai et novembre. L’hiver, seuls une petite dizaine de forains peuplent le parc.

Hamlet, le gérant du Game Center, où on trouve des flippers, des jeux de palets et d’autres divertissements, tente de trouver une explication: « c’est parce qu’il fait froid qu’il y a peu de monde ». En effet, pour un dimanche après-midi, seulement une quinzaine de personnes en tout se baladent dans le parc. Seuls le couple et deux enfants ont pris le risque de faire un tour. Mais la plupart des passants déambulent seulement dans les allées vides. 

Les manèges et les allées sont totalement vides. Crédit : Julien Percheron

C’est au pied de la statue de la Mère Patrie (Mayr Hayastan) que le parc de la Victoire prend place. Jusqu’en 1962, c’est Staline qui surplombait le parc et toute la ville. Aujourd’hui, plus qu’un parc d’attraction, c’est aussi un mémorial qui permet à bon nombre d’Arméniens de se recueillir. Il a été construit en 1945, en l’honneur de la victoire des Russes contre les nazis pendant la seconde guerre mondiale, et donc pendant l’époque soviétique. A certaines dates anniversaire, comme le 9 mai (date de la victoire), de grandes célébrations sont organisées. Plusieurs monuments à la mémoire des soldats ont été érigés près du parc.