Erevan bientôt plus accessible pour les personnes handicapées

Depuis 2013, d’importants travaux sont en cours pour rendre la ville plus accessible aux personnes handicapées. Les obstacles sont encore nombreux et privent une partie de la population d’une meilleure mobilité.

Pour se déplacer dans la capitale, Armen Alaverdyan n’a pas vraiment le choix. Son chauffeur privé le transporte aux quatre coins de la ville, mais cette solution lui coûte chère. « Toutes les personnes handicapées ne peuvent pas se le permettre. Reste les taxis, moins adaptés mais plus abordables », note Armen.

Il suffit de se balader dans Erevan pour en faire le constat : la ville est encore très largement inaccessible aux personnes handicapées. Des escaliers de partout, des bâtiments construits sans rez-de-chaussée…  La faute à une architecture particulière à Erevan, marquée par l’héritage soviétique. « A l’époque, personne ne se souciait des personnes handicapées. Peu d’entre nous sortait. Nous étions très isolés, y compris socialement ».

Armen Alaverdyan organise régulièrement des évènements autour du handicap  .

En 2002, Armen fonde l’ONG Unison pour aider les personnes handicapées à trouver leur place dans la société. Fervent défenseur des droits de l’homme, il est régulièrement invité pour animer des conférences. « Je me souviens d’une une table ronde de l’ONU organisée en Arménie. J’étais invité pour parler du handicap… dans un endroit qui n’était pas accessible aux fauteuils roulant », raconte Armen en secouant la tête.

Du temps et de l’argent

Depuis quelques années, des aménagements sont réalisés sur les trottoirs de la ville: 2 500 rampes construites depuis 2013, des signaux sonores aux passages piétons pour les personnes non-voyantes… Et une vingtaine de bus adaptés, « qui ne fonctionnent pas tous très bien », tempère Armen.

Du côté de la municipalité, on assure que les travaux se poursuivent pour rendre la ville accessible. « Nous essayons de nous rapprocher des normes internationales, commente Samvel Mheryan, adjoint à l’urbanisme de la ville d’Erevan. Evidemment, cela prend du temps et coûte beaucoup d’argent ». Selon un site d’information arménien, « 40 millions de drams (environ 67.000 euros) sont alloués au budget de la construction de rampes dans toutes les circonscriptions de la ville ». Samvel Mheryan ne confirme pas de telles dépenses, mais assure tenir informées les ONG sur les investissements réalisés.

L’ONG Unison travaille avec la mairie pour réaliser les améngements.

Armen Alaverdyan aimerait que les choses aillent plus vite. Grâce son lobbying, le ministère du Travail verse tous les trois ans une aide financière aux personnes handicapées pour s’acheter un fauteuil roulant. « Nous ne lâchons pas la pression. Ce que nous voulons, c’est notre indépendance », lâche-t-il dans un sourire.

Etudiante en deuxième année au Celsa, journaliste en devenir.

Etudiante en deuxième année au Celsa, journaliste en devenir.