A Alfortville, la radio qui parle à la communauté arménienne de France

Emettant depuis Alfortville, « la petite Arménie » d’Ile-de-France, la radio associative AYP FM s’adresse à la communauté arménienne de France. Radio de niche qui souffre parfois de son créneau communautaire, elle y trouve également sa raison d’exister.

« On diffuse de la musique du répertoire arménien, parce que si les gens ont envie d’écouter de la bonne musique internationale et française, ils vont ailleurs et ils ont bien raison !  » C’est avec humour qu’Henri Papazian, directeur de AYP FM, reconnait que sa radio s’adresse à une niche. La communauté arménienne de France, en l’occurrence, car cette radio associative a fait le choix du bilinguisme pour s’adresser aux membres de la diaspora.

AYP FM traite de l’actualité en français et en arménien, promeut la culture arménienne et est un espace de débats où des personnalités peuvent s’exprimer sur la thématique de l’arménité. Elle se penche sur les initiatives des membres de la diaspora et traite l’information avec un point de vue arménien rarement vu ailleurs. Un moyen pour l’auditeur, immigré ou enfant d’immigré, d’atténuer la rupture entre ses racines et la France.

Henri Papazian, directeur de AYP FM.

AYP FM diffuse de 6h à 14h en région parisienne, Marseille et Nice sur la fréquence 99,5 FM et par la radio numérique terrestre, pour atteindre les principales villes arménophones de France. Son principal enjeu, parler à tous les membres d’une communauté très hétéroclite d’environ 500.000 âmes.

Une communauté composée par des vagues d’immigration sur plus d’un siècle, qui n’ont en commun que leur appartenance à un même groupe ethnique. « On doit avoir un spectre très large pour parler au cordonnier comme au directeur d’entreprise, au jeune étudiant comme au retraité. On essaye de donner satisfaction à tout le monde, donc on ne satisfait personne. On ne rencontre que des mécontents ! »plaisante le directeur.

En plus d’Henri Papazian, ils sont trois membres permanents et une trentaine de bénévoles qui travaillent pour faire vivre la station. Bien qu’elle existe depuis 25 ans, la radio associative peine à boucler ses fins de mois et organise des événements pour réunir des fonds.

C’est à Alfortville, surnommée « la petite Arménie », que les locaux de la radio se situent. Sur les 45.000 habitants de cette ville en périphérie de Paris, 7.000 sont d’origine arménienne. « Le tissu associatif arménophone y est dense : il y a une maison de la culture, une école, une église et une dizaine d’associations. On s’est installés ici pour nous adosser à cette communauté« , explique Henri Papazian. C’est auprès d’elle que AYP FM trouve ses contributeurs, notamment les élèves de l’école franco-arménienne Saint Mesrop, nommée en l’honneur du créateur de l’alphabet arménien.

La Parenthèse, une émission phare pour les jeunes

« Aujourd’hui on a une émission musicale, on a une émission éducative, jeunesse, cinéma. On a pas mal de choses au programme et pas mal de monde en studio, à commencer par les anciens de Saint Mesrop ! » La voix enjouée de l’animateur accueille les auditeurs de « La Parenthèse« , l’émission du samedi midi sur AYP FM.

Les élèves de l’école Saint Mesrop ont une place importante dans l’émission : invités pour parler de l’actualité de l’établissement, certains sont aussi chroniqueurs et animateurs réguliers. Certains viennent d’autres écoles franco-arméniennes, comme l’école Tebrotzassère du Raincy, en périphérie de Paris, pour nourrir la production culturelle de la communauté. La politique et les sujets graves sont laissés aux autres programmes de la grille, ici on parle de séries, de musique ou encore d’art. « La Parenthèse » est faite par des jeunes, pour les jeunes

« Le créneau de notre émission c’est le divertissement et la jeunesse« , expose Jérome Lafazan, 31 ans, l’un des animateurs. « On reçoit des artistes, des humoristes, des peintres, des chanteurs ou des gens qui ont un projet. On fait des chroniques sur des sujets qui peuvent avoir un lien avec l’Arménie mais pas forcément. On traite de voyages, santé, beauté, comment chercher un stage… On touche à tout, à l’image de la jeunesse arménienne de la diaspora qui partage une culture à la fois arménienne et française. »

Jérome Lafazan et Julien Tekeyan, musicien invité de l’émission.

« La Parenthèse », c’est l’une des cartes jouées par AYP FM pour toucher les jeunes. « On est surtout suivis par des gens de 50 ans et plus, explique Jérome Lafazan. Moi-même, j‘ai connu l’émission par mon père, qui l’écoutait et me disait « Écoute les jeunes, là, ils font des émissions sympas ». » En plus d’intéresser les jeunes, cela permet de moderniser la radio en mettant en place des lives Facebook notamment.

Aujourd’hui, « La Parenthèse » fait partie des programmes phares de la station, comparable à « Cartes sur table », une émission d’actualité politique. Jérome Lafazan estime réunir « entre 5.000 et 10.000 auditeurs » hebdomadaires. Des auditeurs qui brillent par leur fidélité, et pour qui AYP FM est un élément important de la communauté.

Passionné de nouvelles technologies et de culture, je suis un journaliste tourné vers l’international. Les Etats-Unis en particulier, où je compte m’installer une fois mon Master de journalisme en poche !

Passionné de nouvelles technologies et de culture, je suis un journaliste tourné vers l'international. Les Etats-Unis en particulier, où je compte m'installer une fois mon Master de journalisme en poche !