L’Eglise catholique arménienne, fidèle au Pape et proche des orthodoxes

L’Arménie est très majoritairement orthodoxe (à 94%) mais compte aussi une petite église catholique nationale. Elle est née en 1742 et fut reconnue par le Pape Benoît XIV. Le Père Komitas Daveyan, prêtre de la paroisse catholique Saint Grégoire de Narek à Erevan, explique ses particularités. 

Quel sont vos liens avec le Vatican ? Le Pape François a-t-il une autorité sur l’Eglise catholique arménienne ?

Nous faisons partie des Eglises orientales, mais en lien avec l’Eglise romaine. L’Eglise orthodoxe d’Arménie est indépendante du Pape, tandis que nous, nous sommes sous l’autorité de l’évêque de Rome. Nous avons un prélat, le patriarche de Cilicie des Arméniens, Grégoire Pierre XX Ghabroyan. Il vit au Liban. Depuis le XVIIIe siècle, il est établi là-bas car auparavant, l’Arménie était un pays en guerre et avait des frontières instables. Les Arméniens ont été souvent séparés, alors que leur territoire était contrôlé par différents états, mais toujours très liés entre eux.

Le Pape François est venu en Arménie en 2016. Quel a été l’impact de sa visite dans le pays ?

Il est allé à Gyumri, le foyer du catholicisme en Arménie. Il souhaitait visiter la première nation chrétienne au monde. Il a célébré la messe à Gyumri puis est allé à Etchmiadzin, le siège de l’Eglise orthodoxe arménienne. Il souhaite entretenir une relation fraternelle entre le Vatican et l’Eglise orthodoxe.

Comment est représenté la communauté catholique en Arménie ? Est-ce qu’elle est confrontée à des difficultés ?

Il y aurait entre 120 000 et 150 000 catholiques dans le pays. Mais nous sommes de moins en moins. Beaucoup partent vers la Russie pour le travail. Lorsqu’un couple est mixte, c’est-à-dire par exemple la femme est catholique et l’homme orthodoxe, c’est toujours vers l’Eglise orthodoxe que le couple va se tourner. Les catholiques ont du mal à s’implanter dans ce pays à 94% orthodoxe.

Avec peu de fidèles, combien y-a-t-il prêtres ? Sont-ils formés en Arménie ?

Nous sommes seulement treize prêtres en Arménie. Nous avons deux séminaires : un à Erevan avec onze séminaristes et un autre à Gyumri. J’ai fait mon séminaire à Venise, puis Padoue et Rome. Les prêtres catholiques sont souvent envoyés en Pologne et en Ukraine. Il y a deux congrégations masculines : l’Institut du Clergé Patriarcal de Bzommar au Liban et la Congrégation des pères mékhitaristes à Venise. Pour les femmes, il y a une seule congrégation : celle des Soeurs arméniennes de l’Immaculée Conception.

L’Eglise catholique arménienne semble très proche au niveau de la liturgie orthodoxe. Comment se portent les relations avec les orthodoxes ? Êtes-vous différent d’eux ?

Les relations sont très cordiales. Nous partageons beaucoup de choses. Nous avons le même rite, les mêmes chants, les mêmes processions. Certains prêtres orthodoxes se sentent trés proches de nous, car les différences sont très minimes. Nous pouvons également nous marier comme les orthodoxes. Il faut l’autorisation de son évêque. Une fois marié, nous ne pouvons plus devenir évêque ou archevêque.