Cet entrepreneur qui veut prouver que la diaspora peut réussir

À 22 ans, Armen Mesrobian est déjà un homme d’affaires ambitieux. Un sens du business aiguisé, qu’il hérite de son pays d’origine, les États-Unis. Rencontre avec un homme, installé à Erevan, qui veut démontrer que la diaspora peut aussi réussir son retour au pays.

« J’ai toujours eu le sens du business. Petit, j’accompagnais déjà mon père à son travail, pour voir comment ça marchait », commence Armen Mesrobian. Étudiant en sciences informatiques à l’Université américaine d’Erevan, il salue chaleureusement les camarades croisés sur le chemin de la cafétéria. Son anglais, irréprochable, est teinté d’un accent américain, pays dans lequel il a grandi. « J’ai eu onze ans dans l’avion qui nous emmenait de la Californie à Erevan », s’amuse-t-il. À l’époque, les parents d’Armen Mesrobian, Krikor et Maggie, voient que leurs enfants oublient la culture et l’identité arménienne. Ils décident de rentrer au pays. « C’est un vrai enjeu pour nous de garder notre identité, de se rappeler d’où on vient », ajoute-t-il.

Arménien de la diaspora, Armen Mesrobian est d’un pays qu’il n’a jamais vu. « En sortant de l’aéroport d’Erevan, je me suis vraiment demandé : où est-ce que je suis? Tout était vieux, les bâtiments tombaient en ruines », indique-t-il. Il poursuit ses études dans la banlieue d’Erevan quand à 17 ans, et lance son premier business. « Je démarchais, de café en café, pour distribuer du charbon à chicha », explique le jeune homme.

« Les gens disent qu’il est très dur de lancer un business en Arménie »

Une affaire qui tourne, mais qui lui donne d’autres idées, plus ambitieuses. D’abord, il commence à produire des chichas, en bois et en plexiglas, faites à la main. En 2016, il crée une société d’importation de tabac à chichas, OXYsmoke. Il se fait une clientèle de particulier, jusqu’à fournir en matériel et tabac, l’un des bars les plus en vogue de la capitale: le 44Skybar. « Les gens disent qu’il est très dur de lancer un business en Arménie, notamment à cause des monopoles. Je veux prouver le contraire. Il y a toujours une brèche qu’on peut exploiter », assure-t-il.

Malgré son jeune âge, l’entrepreneur ne se laisse pas intimider car, pour lui, si le business est légal, personne ne peut venir réclamer une part. Pour créer sa société, il suffit de s’enregistrer auprès de l’État, avec son passeport et son numéro de sécurité sociale, et de payer une dizaine d’euros. « Beaucoup d’Arméniens possèdent une petite affaire ou un petit magasin pour se faire un peu d’argent », commente-t-il. Lui qui assure vouloir « lancer autant de business que possible » voit maintenant les choses en grand.

D’abord, il prépare AMGFur, une société d’élevage de chinchillas pour en exploiter les fourrures. En mars, il lancera la plateforme en ligne Hyewire, qu’il voit comme un Ali Baba arménien. Sur un même site, il va vendre l’ensemble des produits manufacturés arméniens. « Où que tu sois dans le monde avec juste une boîte postale, tu pourras acheter sur le site », assure-t-il en montrant le design du site. Un commerce qui s’adresse cette fois-ci au 10 millions d’Arméniens que compte la diaspora.