Ils viennent du monde entier pour vivre l’expérience arménienne

Des association déploient de gros efforts pour attirer en Arménie les jeunes venus du monde entier. Sur le modèle israélien, elles organisent des programmes d’échanges pour permettre à des jeunes de la diaspora de passer plusieurs mois en Arménie. Et elles souhaitent élargir le recrutement des volontaires pour favoriser le mélange des cultures.

Dans un vieil immeuble datant de la fin du 19e siècle, des dizaines d’associations et d’ONG ont pris leurs quartiers en plein cœur d’Erevan. Le building centenaire abrite des organismes qui visent à resserrer les liens entre la diaspora et l’Arménie. Birthright Armenia et Armenian Volonteer Corps (AVC) se partagent des bureaux flambants neufs au cinquième étage. Les deux associations encouragent les jeunes de la diaspora à participer à ces programmes de plusieurs mois. L’idée ? Venir en Arménie pour effectuer un stage dans une école, une entreprise ou encore un musée.

Chaque candidat trouve une mission qui correspond à son profil professionnel. Fondée par un Américain originaire d’Arménie, AVC accueille ses premiers volontaires en 2000. « Un peu sur le modèle israélien, détaille Tania Chichmanian, directrice de l’association. Depuis que les nouvelles technologies se développent en Arménie, nous avons des arguments supplémentaires pour dire aux jeunes : venez ! » Après des études à Dijon, Zadig Tisserand est venu s’installer à Erevan. A raison de 4 heures par semaine, il suit les cours d’arménien que propose l’association. Chaque week-end, ce Franco-Arménien part en stop avec ses amis pour explorer les environs.

 « L’Arménie a besoin de ces échanges »

Au début, les programmes d’échange étaient réservés aux volontaires d’origine arménienne. Mais depuis quelques années, l’association AVC s’est donné une ambition supplémentaire. Elle tente d’attirer des jeunes qui n’ont pas nécessairement de lien avec le pays. Et elle y arrive de plus en plus: Américains, Français, Russes, Anglais… 49 nationalités sont représentées parmi les volontaires accueillis par l’association.

Pierre Tessier est un jeune Français, en quête de découvertes. Après une double licence en journalisme et philosophie à Lille, il prend une année sabbatique. Pas question de se contenter d’un job de barman en Angleterre. « Je voulais autre chose, une expérience professionnelle dans un pays que je ne connaissais pas ». Après quelques semaines difficiles, Pierre trouve sa place. Il travaille pour l’opéra d’Erevan et l’orchestre national de jazz arménien. Il suit les mêmes cours de langue que Zadig, « ce qu’il faut pour se débrouiller et puis, ça fait plaisir aux gens d’ici de voir qu’on s’intéresse à leur culture ».

 Avec seulement 5% de personnes étrangères vivant sur le sol arménien, le mélange des cultures ne se fait pas facilement, même dans la capitale qui regroupe 50% de la population du pays. « L’Arménie a besoin de ces échanges, commente Tania Chichmanian. Notre culture est très mono-ethnique. Les gens s’attendent à ce que tout le monde ait les mêmes coutumes qu’eux. La plupart des gens n’ont pas les moyens de voyager. Les programmes d’échanges permettent d’amener l’étranger ici, en Arménie. L’enjeu ce n’est pas tant de faire du tourisme que de générer du mélange entre les nationalités. Parfois, certains ne repartent pas, ou reviennent s’installer ici », se réjouit Tania Chichmanian. Après tout, elle-même habitait le Canada avant de poser ses valises… à Erevan.

Images: Léa Duperrin

Etudiante en deuxième année au Celsa, journaliste en devenir.

Etudiante en deuxième année au Celsa, journaliste en devenir.