L’économie arménienne mise sur la diversification

L’Arménie adapte son économie pour essayer de s’intégrer dans le marché mondial, en pariant sur les télécoms et avec la Chine comme nouveau partenaire potentiel. 

La croissance des télécoms et de l’informatique a affiché une croissance de 22% en 2017. Ce secteur, inexistant à l’époque communiste, est le plus prometteur du pays. “Les 450 entreprises du secteur ont réalisé en 2017 5% du PIB”, souligne Gérard Achdjian, économiste et cofondateur d’Apricot group, entreprise de conseil d’affaires entre la France et l’Arménie. Ce développement est le signe de la diversification de l’économie.

A l’époque communiste, l’Arménie a développé un fort secteur industriel, autour de la métallurgie et de la production de textile. Les exploitations agricoles étaient alors de très grande taille. En échange de ces marchandises transformées, la Russie fournissait énergie et matière première. A la chute du mur, elle a dû s’adapter à l’ouverture du marché et à la fin du soutien financier du géant voisin. Depuis, les exploitations agricoles ont été réduites. L’absence d’investissement dans le secteur n’a pas permis d’entretenir les terres agricoles. Le secteur industriel, lui, est resté fort, grâce notamment au maintien des mines de cuivre et de zinc.

La nouvelle génération arménienne tente de reconstruire une économie qui se fonde sur de petites structures. Elle est accompagnée par les autorités qui propose des formations à la création d’entreprises. « Ceux qui veulent se lancer peuvent également compter sur un accès facilité au crédit et à des subventions », explique Gérard Achdjian.

La Chine, nouveau partenaire stratégique ?

Pour dynamiser son économie, l’Arménie mise aussi sur ses relations commerciales internationales. Malgré son enclavement, sa situation géographique, au carrefour entre plusieurs grandes puissances, lui offre des opportunités. Objectif : réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie, une encombrante grande sœur qui lui fournit 80% de ses besoins énergétiques.

Malgré les réticences de la Russie, l’Arménie (membre de l’Union Économique Eurasiatique pilotée par la Russie) a finalement réussi à conclure un « accord de partenariat global et renforcé avec l’UE », en novembre 2017. Un accord qui devrait faciliter les investissements d’entreprises européennes en Arménie. Le pays fait aussi partie du Pacte oriental, négocié en 2009 par l’UE avec plusieurs pays d’ex-Union soviétique.

L’alliance avec l’Iran, solide allié de l’Arménie, pourrait participer au désenclavement du pays, grâce à plusieurs projets. La construction d’une voie de chemin de fer, mais aussi d’un oléoduc et d’un gazoduc permettrait au pays de devenir une plateforme pour les marchandises vers l’Europe.

Les bonnes relations avec la Chine possèdent l’avantage de ne froisser ni Moscou ni Téhéran. La Chine est devenue en 2010 le deuxième partenaire commercial du pays derrière la Russie. Pékin pourrait bien être la seule à soutenir les projets de voies commerciales entre l’Iran et l’Arménie, pour faire passer ses marchandises en Europe.

Elisa Centis et Douglas De Graaf

Etudiant en Master 2 à l’école de journalisme du CELSA, je suis passionné par le journalisme sportif, et notamment les rapports d’influence mutuelle entre le sport et l’identité, la culture, les problématiques sociétales …

Etudiant en Master 2 à l'école de journalisme du CELSA, je suis passionné par le journalisme sportif, et notamment les rapports d'influence mutuelle entre le sport et l'identité, la culture, les problématiques sociétales ...