La France, principal foyer d’accueil des Arméniens en Europe

La France, foyer de la plupart des arméniens d’Europe, accueille cette communauté depuis plus de cent ans. Grâce à la proximité culturelle et l’amitié cultivée entre ces deux pays, la communauté arménienne de France a pu se développer et croître depuis 1915.

Il y a 11 millions d’arméniens, mais seuls 3,3 millions vivent en Arménie. La diaspora se retrouve principalement en Russie, aux Etats-Unis, en Iran et en France. La France est le pays européen qui accueille le plus d’arméniens: on en dénombre entre 400.000 et 600.000..

Si la diaspora existe depuis des siècles, c’est le génocide arménien perpétré par la Turquie en 1915 qui a poussé un grand nombre d’habitants à fuir. Les réfugiés du génocide se réunissent en communautés dans des camps, qui évoluent pour devenir des villages, puis des villes. En France, c’est dans le port de Marseille qu’ils débarquent avant de s’installer en périphérie de la ville.

« L’accueil a été positif pour ces réfugiés qui débarquaient en guenilles sur le port de Marseille« , raconte Ara Toranian, co-président du Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France. « On était dans une période où la France avait besoin de main d’oeuvre, et où l’ascenseur social fonctionnait. » Rapidement, les flux de réfugiés s’organisent autour de la ville. Aujourd’hui encore, les principales communautés arméniennes de France se trouvent à Marseille et Paris, ainsi qu’à Lyon.

Un respect mutuel fructueux

Encore aujourd’hui, la France est attentive à la qualité des relations franco-arméniennes. Le président Emmanuel Macron a annoncé ce 31 janvier vouloir inscrire au calendrier un jour commémorant le génocide arménien, perpétuant la tradition voulant que la France soit un proche allié de l’Arménie. De son côté, François Hollande s’était rendu à Erevan, la capitale arménienne, pour commémorer le centenaire du génocide. La France a été l’un des premiers pays à officiellement reconnaître le génocide arménien. « Il y a là une proximité culturelle, la France a été toujours été vue par les Arméniens comme le pays des droits de l’homme, un pays de tolérance, l’antithèse de la situation qu’ils essayaient de fuir« , explique Ara Toranian.

Dès les années 20, les membres de la diaspora développaient de petits commerces et un artisanat local, premiers pas d’une « ascension socioprofessionnelle brillante » que relate l’historienne et maîtresse de conférence Anahide Ter Minassian. « En 70 ans, les Arméniens se sont parfaitement intégrés à la société française et fondus dans les classes moyennes. Ils sont artisans et commerçants, créateurs d’entreprises (tricots Manoukian, chaussures Kélian, lunettes Alain Mikli) mais aussi ouvriers qualifiés, techniciens, employés, fonctionnaires, enseignants, journalistes, ingénieurs, chercheurs.« 

La communauté des Arméniens de France a développé ses propres modes de fonctionnement, façonnée depuis cent ans par la culture française. « Elle a une identité tout à fait particulière, qui n’est pas tout à fait celle des Arméniens d’Arménie« , explique Ara Toranian. « Mais les Arméniens de France partagent avec l’ensemble du monde arménien ce point d’ancrage qu’est le génocide de 1915 au cours duquel les deux tiers de la nation arménienne ont été exterminés. » Malgré l’éloignement géographique, la communauté arménienne de France s’attache à faire vivre sa culture, sa langue et ses traditions au travers des médias, écoles et diverses associations.

Jean-Gabriel Fernandez

Passionné de nouvelles technologies et de culture, je suis un journaliste tourné vers l’international. Les Etats-Unis en particulier, où je compte m’installer une fois mon Master de journalisme en poche !

Passionné de nouvelles technologies et de culture, je suis un journaliste tourné vers l'international. Les Etats-Unis en particulier, où je compte m'installer une fois mon Master de journalisme en poche !